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Quand le courant risque de ne plus passer…

Quand le courant risque de ne plus passer…

…Ou un réseau électrique français limite et contesté!

Pour adapter le réseau électrique français entre l’offre et la demande en permanence tout en s’adaptant aux productions intermittentes et aléatoires des renouvelables (ENR : éoliennes et solaires), il est impératif de le moderniser en investissant des dizaines de milliards d’euros. Un des sujets majeurs de la transition énergétique peu pris en compte et surtout mis en avant. D’autant plus que les obstacles techniques, financiers et sociaux sont importants puisqu’il est en outre très difficile de construire des lignes à haute tension avec rejets locaux forts.
Avec le développement des énergies renouvelables intermittentes, l’augmentation à venir des besoins en électricité, un équilibre de plus en plus incertain entre production et consommation, et des équipements vieillissants : RTE, va devoir investir des sommes considérables au cours des prochaines décennies pour moderniser un réseau de moins en moins adapté aux besoins et au système de production existant. Il a en effet été conçu il y a 50 ans pour relier des grands centres de production (centrales nucléaires, barrages et quelques centrales thermiques…) à des centres de consommation également importants que sont les grandes villes et de grandes zones industrielles.

Malheureusement l’électricité
ne se stocke pas, ou très peu

Contrôle du réseau électrique et distribution d’électricité par RTE…

Il faut toujours rappeler que l’électricité ne se stocke pas, ou peu, via le remplissage des barrages, batteries de batteries ou encore sous forme d’hydrogène… L’ensemble du système électrique doit donc être dimensionné pour faire face 24 heures sur 24 et 365 jours par an à toutes les conditions possibles de production et de consommation. En cas de déséquilibre entre ces paramètres, il existe un danger pour les équipements et des risques de coupures d’électricité.
La nature intermittente des renouvelables, éoliens et solaires fait qu’il n’y a jamais autant de soleil ou de vent sur tout le territoire au même moment. Plus ces sources d’énergies sont importantes, plus il faut transférer des gros volumes d’électricité sur les différentes zones du territoire… : « Lorsqu’on aura construit plusieurs parcs (éoliens) en mer, au nord et à l’ouest de la France, il faudra ramener toute cette énergie vers les métropoles et vers l’est », explique Xavier Piechaczyk, président de RTE.

Quatre milliards d’euros par an
d’investissements nécessaires !

Aujourd’hui, RTE investit 1,7 milliard d’euros par an sur le réseau. Ce sera plus de 2 milliards dès 2024, puis plus de 3 milliards après 2030 et enfin plus de 4 milliards annuels entre 2035 et 2050. La somme consacrée au transport du courant représente environ 10 % de la facture d’électricité, une part qui doit rester stable à l’avenir pour le consommateur, promet RTE… Le problème aujourd’hui, est celui des oppositions locales farouches à l’installation de lignes à haute tension. Il y a quarante ans, il fallait deux ans pour construire 100 kilomètres de lignes. Il faut aujourd’hui dix ans quand cela se passe bien… Huit années de procédures et deux années de construction. Sauf que c’est comme en tout : il faut évangéliser, expliquer, convaincre et proposer des pylônes qui s’intègrent mieux dans les paysages, plutôt que d’arriver, à chaque fois, en terrain conquis sans respecter les habitants et leur environnement !

– Source : Transition & Énergies .