Une alliance stratégique pour conquérir le marché des véhicules autonomes de niveau 4.
Par Yves Guittat et Romàn Pons Prades le 12 juillet 2026.
AMSTERDAM, LONDRES, SAN FRANCISCO — Stellantis, Wayve et Uber ont officiellement scellé un partenariat ambitieux visant à développer et déployer des robotaxis de niveau 4, c’est-à-dire sans conducteur, à l’échelle mondiale. Cette collaboration inédite marque une étape clé dans la course à la mobilité autonome, en combinant les forces complémentaires des trois géants : l’expertise automobile de Stellantis, l’intelligence artificielle de Wayve et la plateforme mondiale d’Uber.
Ce projet s’inscrit dans la continuité des accords existants entre les partenaires, notamment le partenariat Stellantis-Wayve sur la conduite automatisée de niveau L2++ et l’alliance Wayve-Uber pour le déploiement de services autonomes à Londres, Tokyo et dans dix autres villes dès 2026.
Approche “écosytémique”
Dans ce contexte, l’alliance Stellantis-Wayve-Uber se distingue par son approche écosystémique. Contrairement à Tesla, qui contrôle l’intégralité de la chaîne de valeur, ou Waymo, qui se concentre sur la technologie, ce partenariat mise sur la complémentarité des expertises. Stellantis apporte son savoir-faire industriel, Wayve sa technologie d’IA adaptative, et Uber sa plateforme mondiale. Cette synergie pourrait permettre un déploiement plus rapide et plus flexible, notamment grâce à l’IA de Wayve, qui ne nécessite pas de cartographie détaillée par ville. Cependant, la concurrence ne restera pas inactive.
Tesla, Waymo et Cruise ont déjà investi des milliards dans la R&D et disposent d’une longueur d’avance en termes de données et d’expérience opérationnelle. Pour réussir, Stellantis, Wayve et Uber devront non seulement prouver la fiabilité de leur technologie, mais aussi convaincre les régulateurs et le public de leur capacité à offrir une alternative sûre et efficace aux solutions existantes.
Ce partenariat est sans doute l’un des plus prometteurs dans la course à l’autonomie. Mais si l’Europe autorise progressivement les robotaxis de niveau 4, leur déploiement à grande échelle reste encore conditionné par l’harmonisation des règles entre États membres et la levée des restrictions nationales.

