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Des boîtes noires… qui n’en seraient pas vraiment !

Des boîtes noires… qui n'en seraient pas vraiment !

… Mais seraient des “enregistreurs de données” montés sur nos véhicules neufs et, naturellement, pour notre bien et notre sécurité !

Des “enregistreurs de données automobiles”, autrement appelés “ boîtes noires”, sont obligatoirement montés sur tous les nouveaux véhicules; à savoir ceux présentés à l’homologation en Europe depuis le du 6 juillet 2022. Promis… vos moindres faits et gestes ne seront pas enregistrés. L’enregistreur (EDR) n’aura pas grand-chose à voir avec le mouchard annoncé par certains. L’engin sera différent des boîtes noires destinées aux avions, qui permettent d’avoir accès jusqu’aux conversations dans le cockpit. Pas de micro ni de caméra. L’objet de ces EDR consistera à enregistrer les données techniques du véhicule « peu avant, pendant et immédiatement après une collision », comme l’explique le règlement européen imposant la mise en place de ces systèmes. En fait ce ne sont que les 30 secondes précédant l’impact et les 10 secondes suivantes qui seront enregistrées dans l’EDR. Ces derniers seront ainsi quasi systématiquement en état de veille. Pour que l’EDR se déclenche, il faudra que ses capteurs détectent « une variation de la vitesse longitudinale du véhicule supérieure à 8 km/h au cours d’un intervalle de 150 m/s au moins ». Idem si ces valeurs résultent d’une variation de la vitesse latérale. En outre, l’EDR se mettra à consigner les données en cas « d’activation d’un système de retenue des occupants non réversible ». L’appareil sera donc en mesure de garder en mémoire deux événements distincts.

Promis, les assureurs
ne pourront y accéder

Boîte noire type aviation… Elles seront différentes.
pour les automobiles !

Les informations stockées dans l’enregistreur seront les suivantes : vitesse du véhicule, déclenchement ou non de l’ABS, régime moteur, état d’enfoncement de la pédale d’accélérateur, roulis du véhicule, position de l’auto sur la chaussée, temps de déploiement des airbags après l’impact… Le règlement européen précise que l’EDR s’attachera à consigner tous les paramètres relatifs aux « systèmes embarqués de sécurité active ». Autant de données qui pourraient éventuellement servir à établir les responsabilités lors d’un accident, et permettre à la fois aux autorités et aux assureurs de savoir qui poursuivre. Mais les EDR n’ont pas été imaginés pour cela : « Ces dispositions ont pour objet de garantir que les EDR enregistrent […] des données utiles permettant de mener des enquêtes efficaces en cas d’accident et d’analyser les performances des équipements de sécurité (systèmes de retenue, par exemple). Ces données aideront à mieux comprendre dans quelles circonstances se déroulent les accidents et les blessures et, ainsi, faciliteront la conception de véhicules plus sûrs », indique le règlement. Seuls les chercheurs spécialistes en sécurité routière et autres professionnels du secteur seront habilités à lire les données des enregistreurs.

La Cnil à l’affût !

Et puisque les EDR serviront à des fins statistiques ou scientifiques, nulle donnée ne devra permettre d’identifier la voiture dont elle provient. Si le numéro de série du véhicule sera bien consigné dans l’enregistreur, il sera incomplet, de manière à ne justement pas remonter jusqu’au propriétaire de l’auto. L’interrogation de l’enregistreur ne pourra se faire qu’in situ, afin de limiter les risques de fuites de données.
Mais la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) demeure sur ses gardes : « En tout état de cause, la Cnil reste attentive au déploiement de ces dispositifs, notamment au regard des impacts qu’ils sont susceptibles d’avoir sur les droits et libertés des personnes. » Bref, elle fait son travail mais avec une déclaration tout prête et généraliste pouvant s’appliquer à pleins de secteurs….
Dernière information, les EDR seront inspectés à l’occasion du contrôle technique périodique des véhicules. Le contrôleur devra s’assurer visuellement du bon état de l’appareil, mais il devra aussi vérifier qu’il est bel et bien capable de fonctionner. Et les premiers appareils contrôlés ne devraient pas l’être avant juillet 2026…