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France : le vélo en roue libre… et à fond !

France : le vélo en roue libre… et à fond !

Avec deux roues et deux fois centenaires, le vélo ne fait que progresser depuis deux ans. Les raisons du succès* !

Dans son ordonnance du 30 avril 2020, le Conseil d’État enjoint le Premier ministre « d’indiquer publiquement et largement que le vélo peut être utilisé pour les déplacements autorisés durant le confinement.» Pour la FUB (la Fédération française des Usagers de la Bicyclette), c’est la reconnaissance que le vélo est pleinement légitime, comme tout autre mode de déplacement ou de loisirs. Il faut désormais que le vélo soit reconnu comme étant un véritable geste barrière qui doit prendre une place prépondérante dans les mobilités post-confinement. Pour Olivier Schneider, président de la FUB : « La France doit, plutôt que de persister dans un discours anxiogène sur le vélo, se doter d’un système vélo d’urgence.» En effet, la pratique du vélo est un geste barrière. Elle réduit le risque de contamination, permet de respecter la distanciation physique, permet d’éviter l’engorgement de nos villes et de soulager les transports publics, renforce le système immunitaire et améliore la qualité de l’air.

Cerema : aménagements Plan vélo.

Un plan vélo à 20 millions d’euros…

Le ministère de la Transition écologique et solidaire vient d’annoncer le lancement d’un plan Vélo de 20 millions d’euros. Le Cerema se mobilise pour accompagner les acteurs des mobilités et édite à leur intention un guide technique pour les aider à mettre en place rapidement et simplement des aménagements cyclables dès le 11 mai. L’objectif : favoriser la pratique du vélo et l’ensemble des bénéfices liés à ce mode de déplacement. Publié aux éditions Les Cahiers du Cerema avec de nombreux schémas pratiques et exemples concrets à la clef, ce document est destiné aux collectivités qui souhaitent tester des solutions d’aménagement provisoires simples (création de nouvelles voies de circulation pour les vélos ou élargissement des pistes cyclables existantes) pour permettre aux cyclistes de se déplacer à vélo de manière efficace et en sécurité. Des aménagements amenés à devenir permanents. Et parmi les solutions envisagées : la réduction du nombre de voies affectées au trafic motorisé, l’élargissement des aménagements cyclables existants, emplacements de stationnement motorisé et mise en place du stationnement vélo, modification du plan de circulation afin de garantir un faible trafic motorisé…).
En France, il est possible de multiplier par quatre la pratique du vélo utilitaire, voire huit grâce aux vélos à assistance électrique, et ce sans avoir besoin de bouleverser nos activités ni d’avoir une condition physique exceptionnelle. Le document du Cerema permettra aux collectivités qui le souhaitent de mettre en place rapidement et simplement les aménagements nécessaires pour développer la pratique du vélo et les nombreux bénéfices liés dès le 11 mai : bénéfices sur l’environnement (déplacements non carbonés, aménagements végétaux), sur la santé des pratiquants, sur la qualité de l’air (santé publique), sur l’économie au niveau individuel (mode de déplacement peu coûteux) comme collectif (infrastructures moins coûteuses, développement des commerces de proximité) et enfin au niveau sociétal avec une ville plus accessible donc plus inclusive.

Distanciation sociale à vélo…

* Les raisons du succès :
– les ventes de vélos à assistance électrique s’envolent depuis la mise en place par l’État d’aides à l’acquisition, en 2017. Certaines régions (IDF Mobilités…) ou villes proposent aussi de telles subventions, ainsi que des aides à la location,
– en France, de nombreux aménagements améliorent l’expérience des cyclistes : revêtements, signalisation au sol, séparation des voies entre véhicules motorisés et vélos… Selon le baromètre 2019 de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), les villes les plus accueillantes sont : Strasbourg, Nantes et Rennes. Et d’après le site Aménagements-cyclables.fr, la région la mieux pourvue serait la Nouvelle Aquitaine,
– « à Paris, on a noté en janvier une hausse du nombre de cyclistes de 131 % par rapport à la même période en 2019, souligne l’adjoint aux transports de Paris. Mais le boom du vélo était déjà observable avant les grèves.» Toutes les villes françaises ayant engagé des politiques d’aménagement de leur voirie au profit des cyclistes (Grenoble, Bordeaux…) constatent cette augmentation. Parmi les raisons figure le facteur temps : en ville, aux heures de pointe, un cycliste mettra 15 minutes de moins qu’un automobiliste pour effectuer un trajet de 3 km. De plus, 34 villes françaises accueillent aujourd’hui des stations de vélos en libre-service (soit près de 50 000 deux-roues disponibles).
– en 40 ans, les moins de 15 ans ont perdu 25 % de leurs capacités cardiaques (eh oui !)… Du coup, comme d’autres activités physiques, le vélo aide à se maintenir en bonne santé.
– la pollution liée aux transports n’est pas seulement due aux déplacements. La fabrication du véhicule, de l’extraction de la matière première à son utilisation finale, génère de la pollution des sols, des eaux, de l’environnement en général. Sur tous ces plans, le vélo fait mieux.
Reste que dans les pays nordiques, contrairement à chez nous, l’augmentation du nombre des cyclistes et des kilomètres parcourus en vélos, ne fait pas augmenter pour autant le nombre de décès. C’est même plutôt le contraire, puisque les aménagements de voirie ont été réalisés avec des pistes cyclables nettement séparées des routes, y compris en zone rurale… là où le risque à vélo est le plus important chez nous.